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Le toucher dans le processus de deuil: quand le corps a besoin d’être entendu

  • nathalierinskopf
  • 23 déc. 2025
  • 4 min de lecture
Toucher conscient et sécurisant entre deux personnes, illustrant l’accompagnement corporel du deuil et la présence bienveillante.

Le deuil est souvent abordé comme une expérience psychique et émotionnelle. On parle de tristesse, de choc, de colère, de vide intérieur. Pourtant, si tu traverses une perte, tu le sais sans doute déjà : le deuil se vit aussi, et parfois avant tout, dans le corps.

Un corps qui se contracte.Un souffle plus court.Une fatigue inhabituelle.Une poitrine lourde, une gorge nouée.Ou au contraire, une sensation d’anesthésie, comme si plus rien ne passait.

Le deuil est une expérience profondément incarnée. Et dans cette traversée, le toucher occupe une place paradoxale : il devient à la fois essentiel et délicat.


Le corps, premier lieu du deuil


Avant même que les mots ne se forment, le corps sait. Il enregistre la perte, l’absence, la rupture du lien. Le système nerveux peut passer en état d’alerte, de sidération ou de repli. Les repères habituels vacillent.


Dans ma pratique de shiatsu et dans mon approche de la conscience corporelle, j’observe souvent que le corps endeuillé cherche avant tout de la sécurité.Pas des explications.Pas des solutions.Mais un espace où il peut se déposer sans avoir à se justifier.


Le deuil n’est pas une pathologie à corriger.C’est un mouvement vivant, parfois chaotique, qui traverse les tissus, la respiration, la posture, le tonus.


Quand le toucher devient rare


Face à la perte, le toucher change de statut. Il devient hésitant, maladroit, parfois absent.

L’entourage ne sait plus comment se rapprocher sans risquer de raviver la douleur. Les gestes simples d’avant semblent soudain inappropriés. Peut-être n’oses-tu plus être touché·e, ou au contraire ressens-tu un manque profond de contact.


Cette raréfaction du toucher n’est pas anodine. Le toucher est l’un des premiers langages de l’être humain. Il précède la parole. Il rassure. Il contient. Il informe le système nerveux que tu n’es pas seul·e.


Lorsque le toucher disparaît, le corps peut se refermer davantage encore.


Le toucher dans le processus de deuil, un langage silencieux


Parler du toucher dans le processus de deuil, ce n’est pas parler de techniques ni de gestes à appliquer. C’est parler de présence.


Un toucher conscient ne cherche pas à réparer. Il ne console pas à tout prix. Il n’efface pas la douleur.

Il est là. Simplement.


Dans le cadre du deuil, le toucher peut :

  • offrir un sentiment de sécurité et de contenance

  • soutenir la régulation du système nerveux

  • permettre au corps de déposer ce qu’il porte en silence

  • redonner des contours là où tout semble dissous

  • réintroduire de la douceur dans un espace marqué par l’absence


Il devient alors un pont entre le dedans et le dehors, entre ce qui souffre et ce qui continue de vivre.


Toucher et consentement : une écoute subtile


Dans toute approche corporelle du deuil, le respect est fondamental. Le toucher n’est jamais une évidence. Il doit être choisi, ajusté, toujours réversible.


Il peut s’agir du toucher de l’autre, mais aussi du toucher de toi-même. Poser une main sur ta poitrine. Sentir ton propre poids. T’autoriser à ressentir sans analyser.


Se laisser toucher après une perte demande parfois du temps. Le corps a besoin de réapprendre que le contact peut être sûr, qu’il n’est pas une intrusion.


C’est pourquoi le toucher, dans un cadre conscient et bienveillant, devient un acte profondément relationnel. Il écoute avant d’agir.


Le deuil comme traversée corporelle


Et si le deuil n’était pas seulement une traversée émotionnelle, mais aussi une traversée corporelle ?


Ton corps porte la mémoire du lien perdu, mais aussi la capacité de retrouver un ancrage. Lentement. À ton rythme. Sans injonction à aller mieux.


Dans les pratiques psycho-corporelles comme le shiatsu ou la sophrologie, la conscience du corps permet de réhabiter des zones figées, de redonner de la circulation là où tout semblait arrêté.


Il ne s’agit pas de guérir le deuil, mais de l’accompagner.D’honorer ce qui a été aimé. Et de soutenir ce qui cherche encore à respirer.


Créer des espaces pour ressentir


Les cercles de deuil et les ateliers corporels offrent un cadre précieux pour cela. Un espace où le silence a sa place. Où le partage n’est jamais une obligation. Où le corps peut s’exprimer sans être interprété.


À travers des propositions simples et accessibles, le toucher devient alors un soutien discret. Une présence. Un rappel que, même dans l’absence, le lien au vivant demeure.


Pour conclure


Le toucher, lorsqu’il est conscient et respectueux, ne vient pas combler le manque. Il n’efface pas l’absence. Mais il peut accompagner, contenir, soutenir.

Il rappelle à ton corps qu’il n’est pas seul dans la traversée. Il offre un point d’appui quand tout vacille. Il redonne parfois un peu de douceur là où la douleur semblait avoir tout envahi.


Écouter le corps dans le deuil, c’est peut-être déjà une manière d’honorer l’amour qui demeure.


Un cercle pour explorer le toucher au cœur du deuil


Dans le prolongement de cette réflexion, j’aurai la joie de co-animer un cercle de deuil consacré au toucher dans le processus de deuil, aux côtés de Caroline Henricot, accompagnante du deuil.


Ce cercle est une invitation à ralentir.À écouter ce que ton corps a à dire de la perte, de l’absence, du manque, mais aussi du besoin de lien, de sécurité et de douceur.


Dans un cadre sécurisant et bienveillant, nous explorerons ensemble :

  • comment ton corps vit la perte

  • ce que le toucher peut soutenir dans le chemin de deuil

  • comment te laisser toucher, par toi-même, par l’autre, par la vie, après une rupture fondamentale


Ce cercle n’est ni un espace de performance ni un lieu de “guérison”.C’est un lieu pour être là, ressentir, déposer, et peut-être laisser émerger un peu plus de présence au cœur de ce qui fait mal.


Informations pratiques


Cercle de deuil : le toucher au cœur du processus de deuil



  • Date : jeudi 15 janvier

  • Horaire : de 18h30 à 21h

  • Lieu : Bruxelles, Woluwé-Saint-Pierre

  • Animation : Nathalie Rinskopf, praticienne et enseignante de shiatsu, et Caroline Henricot, accompagnante du deuil.


Ce cercle s’adresse à toute personne traversant un deuil et souhaitant explorer, avec douceur et respect, la dimension corporelle du deuil.


Invitation


Si cette approche résonne pour toi, si tu sens que ton corps a besoin d’être entendu autant que ton cœur, tu es chaleureusement bienvenu·e dans ce cercle.

Prendre soin du deuil, c’est aussi prendre soin du corps qui le traverse. Et parfois, cela commence simplement par un espace où le toucher redevient possible, juste, vivant.




 
 
 

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